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Accueil > Vignoble de Bergerac, Monbazillac et Périgord pourpre


« Périgord »

 

Le Périgord (en occitan Peiregòrd) est le nom du comté qui recouvrait l'actuel département de la Dordogne (il empiète un peu sur la Saintonge, le Quercy et le Limousin.

 

On peut le diviser, un peu arbitrairement, en quatre :

 

  • Le Périgord vert au nord, autour de Nontron, et vers le sud-ouest de Châlus en Limousin. Vert comme les forêts de chênes clairs et les prairies qui s'y trouvent,
  • Le Périgord blanc au centre, autour de Périgueux et vers le Quercy,
  • Le Périgord noir, au sud-est, autour de Sarlat. Son nom vient des forêts de chênes dits « verts » mais en réalité très sombres mais aussi de la couleur des truffes, une des spécialités gastronomiques de la région, avec le foie gras et les confits.
  • Le Périgord pourpre au sud-ouest, autour de Bergerac. Le pourpre rappelle évidemment la couleur du vin du vignoble bergeracois.

 

 

 « Bergerac : une cité chargée d’histoire»

 

Bergerac est une jolie cité de près de 30.000 habitants. Ville à découvrir, son histoire suit certains des grands épisodes de l’histoire de France.

 

La guerre de Cent Ans

La guerre de Cent Ans s’étend approximativement de 1337 à 1453, 116 années pendant lesquelles s’affrontent la France et l’Angleterre lors de nombreux conflits, entrecoupés de trêves plus ou moins longues.

 

La guerre commence lorsque Édouard III Plantagenêt, roi d’Angleterre envoie une déclaration de guerre au roi de France Philippe VI de Valois.

La France et l’Angleterre sont alors imbriquées juridiquement et culturellement et luttent pour le contrôle du duché de Guyenne qui couvre tout le Sud-Ouest de la France. Terres françaises du roi d’Angleterre, celui-ci y est donc théoriquement vassal du roi de France en tant que duc d’Aquitaine.

La guerre de Cent Ans comprend deux grands mouvements qui répondent à une même structure : une première période, de 1337 à 1380, qui voit l’effondrement de la puissance de la monarchie française, puis une période de crise suivie d’un rétablissement et d’une seconde période, de 1415 à 1453, reproduisant le même cycle : effondrement, crise, rétablissement. Ces deux périodes sont séparées par une longue trêve provoquée par des conflits de pouvoir dans les deux camps.

De 1337 à 1364, le génie tactique d’Édouard III d’Angleterre entraîne une succession de victoires anglaises sur la chevalerie française. La noblesse française est complètement discréditée et le pays sombre dans la guerre civile. À la suite du traité de Brétigny, une grande partie de la France est contrôlée par les Anglais.

De 1364 à 1380, Charles V entame une patiente reconquête du territoire. Le roi a compris que la victoire finale se jouerait sur le sentiment d’appartenance nationale. Il laisse les Anglais ravager la campagne par des chevauchées alors que lui-même soulage la population en envoyant les Grandes compagnies combattre en Castille. Évitant les batailles rangées qui ont été désastreuses durant la première phase du conflit, il reprend progressivement plusieurs places fortes à l’ennemi. En 1375, Édouard III ne contrôle plus sur le continent que Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux, Bayonne, et quelques forteresses dans le Massif central.

De 1380 à 1429, la minorité puis la folie de Charles VI permettent aux « grands », les membres de la haute noblesse française, de prendre le contrôle du royaume. Il en résulte une rivalité entre les ducs de Bourgogne et d’Orléans qui dégénère en guerre civile. Le roi d’Angleterre, Henri V en joue et reprend du terrain sur le continent. Il en résulte le désastre français de la bataille d’Azincourt. En vertu du traité de Troyes de 1420, il épouse la fille de Charles VI, devenant l’héritier de ce dernier et cumulant les titres de roi d’Angleterre et de régent de France. Le dauphin Charles est déshérité. Cependant, il décède prématurément et c’est un enfant de quelques mois, son fils Henri VI, qui prend le titre de roi de France et d’Angleterre.

De 1429 à 1453, les Anglais sont progressivement chassés de France, sous l’impulsion de Jeanne d’Arc. Son intervention cristallise le sentiment national et assoit Charles VII sur le trône en dépit du traité de Troyes qui l’avait déshérité.

La bataille décisive qui clôt les guerres de Cent ans est la Bataille de Castillon, le 17 juillet 1453 (Castillon la Bataille est situé à quelques kilomètres seulement du Château des Vigiers et de Bergerac). Les Anglais qui chargent les Français retranchés sont taillés en pièces par 300 pièces d'artillerie tirant à la fois, chargées à mitraille et disposées de manière à prendre les assaillants en enfilade.. Le carnage est effrayant : les assaillants sont pressés les uns contre les autres ne pouvant ni s'échapper ni se dissimuler. La cavalerie bretonne achève le travail en chargeant les survivants. Quatre mille Anglais y perdirent la vie.

 

Les Guerres de Religion

Les guerres de Religion sont une série de huit conflits qui ont ravagé le royaume de France dans la seconde moitié du XVIe siècle, conflits au cours desquels se sont opposés catholiques et huguenots.

Les premières luttes commencent dans les années 1520 mais le clivage entre les deux religions s’aggrave à la fin du règne d'Henri II en 1547 et le conflit se politise.

 

En 1565, Charles IX passe dans Bergerac lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume. On peut encore apercevoir le logis qui l’accueillit.

Le 17 septembre 1577, une trêve est signée à Bergerac, la « Paix de Bergerac », qui préfigure l’édit de Nantes de 1598.

Bergerac devient une « place de sûreté » pour les protestants, une de ces villes qu’ils administrent et dont l’emblème devient la ville de La Rochelle. Etat dans l’Etat, les protestants sont progressivement soumis par le roi Louis XIII et le Cardinal Richelieu.  Le 16 juillet 1621, le roi entre dans Bergerac dont il fait démolir les fortifications.

Aujourd'hui, plusieurs salles du château de Monbazillac font mémoire de cette période trouble.

 

Les Jacqueries des croquants

On appelle jacqueries des croquants diverses révoltes populaires du Sud-Ouest de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Le terme « croquant » servait au peuple à désigner la noblesse qui ne demandait qu'à le croquer. La noblesse retourna ce sobriquet sur le peuple mutiné, à qui le nom de croquants resta.

Encadrées par les notables royalistes, catholiques ou protestants, ces jacqueries des croquants sont toujours d’inspiration fiscales et l'influence de la question religieuse y est faible, même si ces révoltes ont lieu dans le contexte des guerres de Religion.

En 1636, des soulèvements apparaissent contre la « Taille » en Angoumois et dans le Périgord. Un gentilhomme du nom de La Mothe de la Forêt prend leur tête en 1637. C’est le début de l’une des plus grandes révoltes fiscales et paysannes. Envoyé par le roi, le duc de La Valette arrive du Pays basque avec trois mille hommes et met fin à la révolte le 1er juin 1637 à la bataille de La Sauvetat-du-Dropt. Un millier de croquants y est tué. La révolte ne prendra vraiment fin qu’en 1642, avec l'amnistie des croquants accordée par le cardinal Richelieu, plus préoccupé par le conflit avec le royaume d'Espagne.

Ces évènements historiques ont inspiré à Eugène Le Roy le roman « Jacquou le Croquant ».

 

Cyrano de Bergerac

 

Difficile de ne pas évoquer ici l’enfant le plus illustre de Bergerac : Cyrano de Bergerac.

Né sous la plume inspirée d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac a bien existé mais il n’a jamais mis les pieds à Bergerac. Le vrai « Cyrano de Bergerac » était parisien ; il s’appelait Savinien de Cyrano. Personnage bien réel, né en 1620 et inspirateur d’Edmond Rostand, il était membre de la Compagnie des Nobles Mousquetaires Gascons du Capitaine Cardon de Casteljaloux. Il avait accolé « Bergerac » à son nom pour justifier son appartenance aux cadets de Gascogne, utilisant pour cela le nom de sa propriété familiale de la vallée de Chevreuse. Cette propriété, un aïeul l’avait appelé « Bergerac » après qu’elle lui fut attribuée en remerciement de sa conduite valeureuse dans la prise de… Bergerac contre les anglais durant la guerre de Cent Ans.

(extrait :)

Ah ! non ! C’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh ! Dieu !... bien des choses en somme...
En variant le ton, par exemple, tenez
Agressif : "Moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse !"
Amical : "Mais il doit tremper dans votre tasse
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap !"
Descriptif : "C'est un roc !... c'est un pic !... c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ?... C'est une péninsule !"
Curieux : "De quoi sert cette oblongue capsule ?

D'écritoire, monsieur, ou de boîtes à ciseaux ?"
Gracieux : "Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ?"
Truculent : "Ca, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ?"
Prévenant : "Gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol !"
Tendre : "Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane !"
Pédant : "L'animal seul, monsieur, qu'Aristophane
Appelle Hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d'os !"
Cavalier : "Quoi, l'ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode !"
Emphatique : "Aucun vent ne peut, nez magistral,
T'enrhumer tout entier, excepté le mistral !"
Dramatique : "C'est la Mer Rouge quand il saigne !"
Admiratif : "Pour un parfumeur, quelle enseigne !"
Lyrique : "Est-ce une conque, êtes-vous un triton ?"
Naïf : "Ce monument, quand le visite-t-on ?"
Respectueux : "Souffrez, monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue !"
Campagnard : "Hé, ardé ! C'est-y un nez ? Nanain !
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain !"
Militaire : "Pointez contre cavalerie !"

Pratique : "Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot !"
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot
"Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître !"
-Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot !

 

 

« un vin nommé Monbazillac »

 

Les Monbazillac sont le navire amiral des vins du vignoble bergeracois. Celui-ci se répartit sur 12.600 hectares et treize appellations, pour un volume annuel de 650.000 hectolitres environ, produits par environ 1240 vignerons. Les vins de Bergerac sont des « vins d’assemblage », obtenus par la vinification de plusieurs cépages.

Le vignoble bergeracois dispose de sa propre confrérie bachique, le « Consulat de la Vinée », présidé par un Grand Maître assisté de 24 Consuls-Mestres.

Les principaux cépages du vignoble sont les suivants :

  • (Pour les vins rouges) Cabernet sauvignon, Cabernet franc, Merlot, Malbec (aussi appelé Côt).
  • (Pour les vins blancs) Sauvignon, Sémillon, Muscadelle, Chenin blanc

Les appellations sont les suivantes :

  • Bergerac (rouge)
  • Bergerac Rosé
  • Bergerac Sec (blanc)
  • Côtes de Bergerac (rouge et blanc)
  • Côtes de Montravel (blanc moelleux)
  • Montravel (rouge et blanc)
  • Haut-Montravel (blanc moelleux)
  • Saussignac (blanc liquoreux)
  • Monbazillac (blanc liquoreux)
  • Pécharmant (rouge)
  • Rosette (blanc moelleux)

 

Le Monbazillac est un vin blanc liquoreux, produit sur des coteaux pentus en rive gauche de la Dordogne, sur les communes de Monbazillac, Colombier, Pomport, Rouffignac-de-Sigoulès et Saint-Laurent-des-Vignes.

Ils présentent une couleur paille qui fonce au fil des années. Agréables bus jeunes, ils se bonifient avec le temps, gagnant en intensité et en finesse en vieillissant. Ils développent des arômes de miel, de fleurs d'acacia et de pêches, sublimés par des nuances de mirabelles et d'agrumes confits. Selon les millésimes, les Monbazillac peuvent se conserver et être bus au bout de 30 ans, voire plus.

L’élément clé de l'élaboration de ces vins d'exception est le même que pour les Sauternes du vignoble bordelais : le Botrytis cinerea, un champignon autrement appelée « pourriture noble » à cause de l’aspect repoussant qu’il donne aux baies mais aussi à cause de l’alchimie exceptionnelle qu’il génère. Ce champignon se développe lorsqu'il est soumis à une alternance de périodes fraîches et humides et de périodes chaudes et ensoleillées. C’est donc ce secteur de la rive gauche de la Dordogne qui, grâce à l'humidité matinale de la vallée et à l'ensoleillement tardif de la journée, bénéficie du climat le plus propice à son apparition.

N’entrent dans la composition du Monbazillac que certains cépages autorisés : le sémillon, le sauvignon et la muscadelle. Le rendement maximum est très faible : de 27 hl/ha (contre le double pour un vin classique). Les vendanges sont effectuées par tris successifs manuels des grains affectés par la pourriture noble.

Au cœur de l’appellation domine le Château de Monbazillac : bâtisse imposante construite par la famille d’Aydie au milieu du XVIème siècle. Il a traversé sans dommages irréversibles les guerres de Cent Ans et de Religion, les jacqueries périgourdines et la folie destructrice de la Révolution Française.



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